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Nitrates Moins

L'opération "Nitrates Moins", réalisée depuis 1990 dans toutes les communes d'Eure-et-Loir, consiste à mesurer, à l'aide de prélèvements de terre, les reliquats azotés à la sortie de l'hiver (c'est-à-dire l'azote minéral présent dans le sol après les pluies d'hiver). Cette mesure permet aux agriculteurs d'ajuster la fumure azotée aux besoins des cultures en déduisant de la fumure l'azote déjà présent dans le sol. 940 agriculteurs utilisent l'opération Nitrates Moins sur 3400 parcelles analysées EN 2008. D'autres analyses sont réalisées : 250 avec les betteraviers et environ 600 avec d'autres acteurs (Agralys, Coopérative de Bonneval, ... ).

Au total, près de 1200 agriculteurs réalisent des mesures de reliquats soit un tiers des agriculteurs à plein temps. Ce pourcentage est plus élevé, proche de 40 %, sur la zone vulnérable du département.

Bilan de l'opération fertimieux Ferti-Mieux « Agriculture et Environnement en Beauce d'Orgères »

Cette opération de sensibilisation et d'intensification du conseil, à l'initiative de la Chambre d'agriculture, regroupe les différents acteurs de l'eau et de l'agriculture autour d'un objectif commun : faire évoluer les pratiques de fertilisation azotée par une politique volontariste pour concilier pratiques agricoles, respect de l'environnement, qualité de l'eau et maintien du revenu.

Les actions entreprises sur 11 communes proches d'Orgères-en-Beauce sont multiples : maîtrise de la dose et fractionnement de la fertilisation azotée, incitation à la réalisation d'analyses de sol (reliquats azotés) et implantation de cultures intermédiaires comme la moutarde ("pièges à nitrates") dans les situations à risque. Actuellement, nous considérons que les changements de pratiques les plus importants consistent à implanter des pièges à nitrates et à mieux ajuster la fertilisation des blés de légumineuses. En 2002, une charte d'engagement sur ces pratiques a été signée par 50 % des agriculteurs (60% en 2006).

L'effet sur les teneurs en nitrates de la nappe n'est pas visible à la fois par un manque d'engagement des agriculteurs, avant 2002, et surtout à cause de la forte pluviométrie hivernale depuis 1998.  

L'action a cependant fait la preuve qu'il faut une très forte mobilisation des agriculteurs pour gérer la fumure et le fractionnement et qu'il était impératif de réaliser une couverture des sols à l'automne.

Gestion de la ressource en eau (Irricartes)

IRRICARTE est un avertissement irrigation hebdomadaire destiné à tous les irrigants d'Eure-et-Loir depuis 1994. Il est réalisé par la Chambre d'agriculture et l'Association des irrigants d'Eure-et-Loir, avec la participation de Météo-France et l'aide des Agences de l'eau Loire-Bretagne et Seine-Normandie ainsi que du Conseil Général. Il consiste en une carte postale ou un fax comportant un calcul du bilan hydrique régionalisé  pour trois types de sols de référence et cinq espèces de grandes cultures, ainsi qu'un commentaire d'interprétation permettant de préciser le conseil et de diffuser l'information technique. Ce conseil est  complété par Irristop maïs. Basé sur la mesure de l'humidité des grains à la parcelle, il est proposé aux maïsiculteurs pour gérer la date de la dernière irrigation.

Le conseil IRRICARTE est suivi par une majorité d'agriculteurs. Souvent l'irrigation excédentaire, quand elle existe, est apportée à la fin, après la date d'arrêt conseillée. Cela souligne toute l'importance du conseil Irristop qui conseille les arrêts d'irrigation du maïs.

Bilan de l'action de protection contre les pollutions ponctuelles en nappe à Ouarville

Le plan d'action doit limiter les infiltrations de produits phytosanitaires vers la nappe des calcaires de Beauce qui alimente le captage AEP d'Ouarville, en agissant, dans un premier temps, sur les pollutions ponctuelles et dans un deuxième temps, sur les pollutions diffuses. Les résultats montrent que la contamination des forages en pleine campagne est quasi nulle et qu'elle reste forte sur les puits près des hameaux.

Fin 2002, la création de deux piézomètres dans la partie Nord Est où les sols sont superficiels pour analyser les produits phytosanitaires dans la nappe, en pleine campagne, mais en zone superficielle (contrairement aux deux forages existants en sols profonds) confirme la faible contamination diffuse de la nappe de Beauce.
 
A lire : synthèse de 8 années d'expérimentation

Bilan de l'opération Irri-Mieux « Beauce de la Conie »

L'opération Irri-Mieux "Beauce de la Conie"  concerne les 46 communes du bassin de la Conie : cours d'eau du sud de l'Eure-et-Loir, alimenté essentiellement par des exurgences de la nappe de Beauce. La baisse du niveau de la nappe au début des années 90 a généré une situation de conflit d'usage entre les irrigants, les utilisateurs du cours d'eau et les maires des communes, responsables des AEP (Adductions en Eau Potable). Irri-Mieux a permis d'instaurer un dialogue entre les différents utilisateurs afin qu'une compréhension mutuelle permette d'établir les bases d'une future gestion concertée et équilibrée.

Le déplacement de quatre forages proches de la rivière a été réalisé en 2004. L'étude de la restauration des berges de la rivière (Comité départemental de protection de la nature et de l'environnement - 41) et la mise en place de déversoirs de crues (Safège) devraient aboutir à des actions concrètes grâce au Pays Dunois.

Plan d'action en eau de surface (Ozanne)

Le bassin subit depuis 1992 une forte contamination par les produits phytosanitaires. Cette contamination, importante à l'exutoire, est cependant plus faible sur un sous-bassin agricole en amont (des « sources » au « moulin vieux »). Les sols sont constitués essentiellement de limons très battants drainés, sensibles au ruissellement. La présence de bourgs (Unverre, Brou, Yèvres) semble accentuer fortement les contaminations et un effort particulier doit être fait sur les usages non agricoles.

La première année du plan d'action, en 2002, a été consacrée au dialogue avec les acteurs locaux, dont les agriculteurs, pour expliciter la problématique et construire ensemble les différentes solutions envisageables (CTE collectif avec un choix de mesures visant la protection de l'eau).

Depuis, un Contrat de Bassin a formalisé un programme fédérateur sur l'amélioration globale de la qualité du cours d'eau Ozanne.

 
à lire :  Raisonnement du désherbage sur le bassin versant de l’Ozanne
 

Le bassin versant de la Vigne (Eau de Paris)

La Chambre d'agriculture appuie le service technique de l'unité de distribution Ouest des Eaux de Paris pour améliorer la fertilisation azotée.

La mesure des taux de nitrates dans les sources de l'ouest effectuée depuis de nombreuses années a permis de souligner l'impact fort des activités agricoles, et de connaître le temps de réponse des variations en nitrates, qui est rapide et datable.

Une opération de développement de l'agriculture intégrée a été entreprise sur le bassin versant des sources de la Vigne (Rueil-la-Gadelière). Cette action est issue d'un partenariat avec l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, la Chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, les prescripteurs d'azote de produits phytosanitaires ainsi que les agriculteurs du périmètre.

 L'objectif principal du partenariat défini par EAU DE PARIS sur le Bassin de la Vigne est d'obtenir un résultat significatif sur la qualité de l'eau, afin que les eaux captées ne subissent pas de dégradations ponctuelles ou saisonnières par les nitrates et les produits phytosanitaires, remettant en cause la production de l'aqueduc de l'Avre.

Les actions dans le domaine agricole se déclinent selon les axes suivants :

  • Maintien et extension des surfaces enherbées (zone étendue)
  • Réduction des risques de pollutions ponctuelles en travaillant en priorité sur les secteurs les plus    sensibles (zone restreinte)
  • Suivi et connaissance des pratiques agricoles en matière de gestion de la fertilisation azotée et des produits phytosanitaires (zone restreinte)
  • Développement des systèmes de culture intégrés dans le cadre d'une animation spécifique (zone restreinte)
  • Appui technique au maintien et au développement de l'agriculture biologique

Dans le cadre du suivi des pratiques agricoles, la réalisation des reliquats azotés en sortie d'hiver est maintenue, afin de développer le réseau d'observation des pratiques. Les exploitations participant à ce réseau et bénéficiant des mesures de reliquat azoté communiqueront à la Chambre d'Agriculture leurs pratiques nitrates et phytosanitaires, afin de connaître l'évolution des pratiques par le biais d'indicateurs pertinents. La connaissance des produits phytosanitaires utilisés permettra d'adapter la liste des matières actives recherchées aux captages de la Vigne.
En ce qui concerne les systèmes de culture intégrés, il s'agira bien de limiter les objectifs de rendement, afin qu'ils correspondent à la réalité du potentiel pédoclimatique de chaque parcelle. La réduction des quantités d'intrants utilisés en système intégré par rapport aux pratiques agricoles moyennes doit conduire à une diminution des risques de transfert des intrants vers la nappe. Etant donné les problèmes de qualité sur la ressource, une attention particulière sera portée sur la réduction des quantités d'azote et d'herbicides appliquées. L'animation développée sur le bassin permettra d'apporter aux agriculteurs volontaires un appui technique dans cette démarche, afin de repenser l'ensemble de la rotation dans cet objectif (variétés, date et densité de semis, successions de cultures, techniques alternatives au désherbage chimique, ...). Des essais seront mis en place dans les exploitations volontaires et les résultats seront analysés en tenant compte de la dimension économique pour l'exploitant. Les échanges d'expérience sur les systèmes de culture intégrés avec la Chambre d'Agriculture de l'Eure seront développés.
Le projet de mesures agro-environnementales (MAE) en cours de développement sur ce territoire constituera un outil financier d'accompagnement de ce programme de mesures. La Chambre d'Agriculture est chargée de la conception de ce projet avec l'aide d'EAU DE PARIS. Elle devra assurer la promotion sur le terrain de ces mesures, avec l'appui de l'animateur.
En ce qui concerne l'agriculture biologique, les premières actions à engager concerneront la connaissance du nombre d'exploitations situées sur la zone d'intervention restreinte, ainsi que le type de production qui les caractérise. Le diagnostic devra souligner les difficultés rencontrées par ces exploitants, ainsi que les problèmes liés à la conversion des exploitations. Ces constats seront accompagnés de propositions d'intervention (aides techniques, financières, développement de filières, ...).

 
 

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